Isabelle Foyard - Grandir 85 -
Thérapie corporelle
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Lien entre réflexe de Moro et selles dans la culotte

Réflexe de Moro et accidents de selles : et si le corps était en état d’alerte ?

Quand un enfant fait encore ses selles dans sa culotte, les parents oscillent souvent entre inquiétude, incompréhension… et parfois épuisement.

Et si, au-delà de la volonté ou de la “maturité”, le corps avait simplement besoin d’aide ?

Parmi les pistes souvent méconnues, il existe celle des réflexes archaïques, et notamment le réflexe de Moro.

Qu’est-ce que le réflexe de Moro ?

Le réflexe de Moro est un réflexe de survie présent dès la naissance.

Lorsqu’un bébé perçoit un danger (bruit soudain, mouvement brusque, sensation de chute), il :

  • ouvre brusquement les bras,
  • inspire fortement,
  • puis referme les bras comme pour s’agripper.

Ce réflexe est parfaitement normal chez le nourrisson. Il participe à la mise en route du système nerveux et à l’adaptation au monde.

En principe, il s’intègre naturellement entre 3 et 6 mois.

Mais parfois, il reste actif plus longtemps.

Quand le réflexe de Moro reste actif…

Un Moro non intégré peut maintenir l’enfant dans un état de vigilance interne.

Concrètement, cela peut se traduire par :

  • une grande sensibilité émotionnelle
  • des réactions disproportionnées
  • un besoin de contrôle
  • une difficulté à gérer le stress
  • un sommeil agité
  • une hypervigilance

Le corps fonctionne alors comme s’il devait se protéger en permanence.

Quel lien avec les selles dans la culotte ?

Pour aller à la selle volontairement, un enfant doit :

  1. Sentir les signaux de son corps
  2. Pouvoir anticiper
  3. Se relâcher
  4. Se sentir en sécurité

Or, lorsqu’un système nerveux est en état d’alerte, le relâchement devient difficile.

Deux mécanismes peuvent alors apparaître :

  • La rétention : l’enfant se contracte inconsciemment, retient… puis cela déborde.
  • La difficulté de perception : l’enfant ne sent pas les signaux suffisamment tôt.

Ce n’est pas un manque de volonté. Ce n’est pas un caprice. C’est souvent un corps qui n’arrive pas encore à sortir du mode “survie”.

Et si on vous a parlé d’encoprésie ?

Il arrive que certains parents entendent ce mot lors d’une consultation : encoprésie.

Ce terme médical désigne le fait, pour un enfant en âge d’être propre, d’émettre des selles de façon involontaire dans ses sous-vêtements, en dehors d’une maladie organique identifiée.

Entendre ce diagnostic peut être déstabilisant pour les familles.

Beaucoup de parents se demandent :

« Est-ce qu’il le fait exprès ? »

« Est-ce que c’est comportemental ? »

« Est-ce qu’on a raté quelque chose ? »

Dans la grande majorité des cas, l’encoprésie n’est pas volontaire.

Comprendre ce qui se passe dans le corps

Très souvent, l’encoprésie s’inscrit dans un cercle où interviennent :

  • une difficulté de perception des signaux corporels
  • une rétention (parfois inconsciente)
  • une accumulation de selles
  • puis des débordements involontaires

Le corps de l’enfant ne dysfonctionne pas “par choix”. Il essaie de gérer du mieux qu’il peut avec son niveau de maturité neuro-corporelle.

Pourquoi regarder aussi du côté du système nerveux ?

Dans mon approche d’accompagnement, j’observe fréquemment que certains enfants concernés présentent un terrain d’hypervigilance corporelle et émotionnelle.

Lorsque le système nerveux reste souvent en mode alerte (ce qui peut être lié, entre autres, à des réflexes archaïques encore actifs comme le réflexe de Moro), l’enfant peut avoir plus de mal à :

  • sentir finement les signaux internes
  • relâcher la zone abdominale et pelvienne
  • se rendre disponible au moment opportun

Cela ne remplace évidemment pas le suivi médical nécessaire, mais cela peut constituer une pièce du puzzle souvent peu explorée.

Un regard différent change tout

Quand on comprend que l’enfant ne le fait pas exprès, le climat familial change.

Au lieu de :

Au lieu de :

  • gronder
  • menacer
  • culpabiliser

On peut :

  • rassurer
  • accompagner
  • aider le système nerveux à retrouver plus de sécurité

Et c’est souvent là que les choses évoluent.

Mon accompagnement en cabinet : une approche globale et
respectueuse

Dans ma pratique en cabinet depuis plusieurs années, j’accompagne régulièrement des enfants qui présentent des difficultés autour de la propreté, dont l’encoprésie. Mon approche s’appuie sur une lecture neuro-développementale et neuro-sensorielle du fonctionnement de l’enfant. Concrètement, lors des séances, je propose :

  • une observation fine du profil neuro-moteur et sensoriel de l’enfant
  • un repérage d’éventuels réflexes archaïques encore actifs (dont le réflexe de Moro)
  • des activités corporelles douces visant à soutenir leur intégration
  • des outils simples à refaire à la maison pour accompagner les progrès dans la durée

L’objectif n’est jamais de « forcer » l’enfant à devenir propre, mais de soutenir la maturation de son système nerveux et de sa conscience corporelle, afin que le contrôle sphinctérien puisse se mettre en place plus naturellement.

Une approche complémentaire au suivi médical

Cet accompagnement ne remplace pas le suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Il vient en complément, avec un regard corporel et sensoriel souvent peu exploré, pour aider l’enfant à retrouver plus de sécurité intérieure, de perception corporelle et de relâchement. Chaque enfant avance à son rythme, dans un cadre bienveillant et sécurisant

Pourquoi les parents consultent le plus souvent :

  • accidents de selles persistants
  • enfant très stressé ou hypervigilant
  • difficultés de relâchement
  • grande sensibilité émotionnelle
  • parcours déjà engagé sans amélioration suffisante

Un message important pour les parents 

Si votre enfant fait encore ses selles dans sa culotte :

  • Il ne le fait pas exprès.
  • Il n’est pas “paresseux”.
  • Il n’est pas “opposant”.

Son système nerveux a peut-être simplement besoin d’un accompagnement adapté.

Et lorsque l’enfant grandit sereinement… toute la famille respire.

A retenir 

  • Ce n’est pas de la mauvaise volonté : souvent un mécanisme rétention/débordement peut être en jeu.
  • Un avis médical permet d’écarter/traiter constipation, douleur, fissure, etc.
  • En complément, on peut explorer le “terrain” stress/sécurité corporelle (dont réflexes archaïques si vous travaillez là-dessus).
  • Prochaine étape : “si vous le souhaitez, je vous explique comment se déroule mon accompagnement / bilan”.

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